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Une maxime à méditer

Une maxime à méditer

« Tout ce qui n’ajoute pas retranche »

Avez-vous déjà délayé la démonstration d’un théorème de maths, justement parce que vous saviez que votre compréhension était limite ? Vous êtes vous déjà laissé embarquer dans des développements inutiles en histoire ou en philo ?

Faites uniquement le strict nécessaire, celui qui justifie tous les points sans vous faire perdre une seconde. Tout ce qui n’ajoute pas retranche.

Combattre la procrastination (2/2)

Combattre la procrastination (2/2)

Deuxième et dernière partie de nos suggestions sur la lutte contre la procrastination. Dans la première partie, nous avons déjà vu qu’il était salutaire de comprendre, suivant les cas, s’il s’agissait d’une procrastination pourquoi ou d’une procrastination comment, et de compartimenter son temps de façon à totalement le contrôler. Aujourd’hui, trois autres habitudes à prendre.

3. Apprenez à aimer travailler. Beaucoup de préparationnaires ont été conditionnés à penser que des élèves réellement intelligents n’avaient pas besoin de travailler dur pour réussir dans ce qu’ils entreprenait. Pour la plupart d’entre eux, cette pré-conception héritée n’a pas été démentie par leurs années lycée, qu’ils ont passées à faire fructifier leurs facilités sans faire d’effort pour les développer.

C’est pourquoi il est nécessaire que vous fassiez l’effort conscient de bien comprendre intérieurement pourquoi vous devez travailler. Décrire toutes ces raisons, à court terme et à long terme, serait l’objet d’un autre article : faites l’effort, en attendant, de le faire vous-même. Aussi incroyable que cela puisse paraître à ceux qui viennent de commencer leur prépa, il n’est pas rare de trouver des élèves de prépa, surtout en deuxième année, qui ont appris à authentiquement aimer travailler ; cette qualité, qu’ils ont développé, les aide grandement chaque jour.

4. Sachez vous récompenser. Les « procrastinateurs » ont naturellement beaucoup de mal à retarder la gratification de leur travail. C’est pourquoi les jeux, le blabla, la glande sur internet sont si populaires chez eux : la « gratification » y est instantanée. Pour faire de ce penchant naturel une force, apprenez à voir chaque moment où vous remplissez une tâche que vous vous êtes fixé comme un vrai progrès, une gratification en elle-même dans la construction de votre personnalité.

5. Vous n’allez pas aimer ces changements. Acceptez-le et continuez à avancer. « La route vers le but fixé est longue et périlleuse / Et souvent bordée de tavernes aux enseignes lumineuses » (IAM – La Saga). Notre cerveau aime les habitudes. Changer une habitude prend du temps, et les sirènes nous rappelant à nos addictions passées sont difficiles à réduire au silence au nom du but fixé. Combattre la procrastination va être difficile, et très inconfortable au début.

Mais rendez-vous compte de cela : vous n’êtes pas vos habitudes. Vous avez un libre-arbitre qui peut influencer vos actions au jour le jour au nom d’une cause que vous jugez valable. Encore mieux : vous construisez une habitude qui n’en finira pas de porter ses fruits tout au long de votre vie active, et qui peut vous porter loin. Si cela fait mal, c’est un bon signe.

Voici une mind map complète, dont la source nous est inconnue, qui résume très bien les réflexes qu’il est salutaire de prendre pour battre la procrastination.

Combattre la procrastination (1/2)

Combattre la procrastination (1/2)

A lui seul, ce néologisme très (trop ?) en vogue résume les affres d’une grande majorité des préparationnaires. Nous sommes bien loin d’avoir un vaccin, mais voici quelques pistes pour se défaire de ce cercle vicieux, en deux articles.

D’abord, quelques fondamentaux. La plupart des « procrastinateurs » sont des élèves initialement loués pour leurs capacités mentales, qui interprètent leurs facilités comme un signe qu’ils n’ont pas besoin de structurer leur travail quotidien, que « tout vient facilement ». Prenant ainsi l’habitude de négliger la discipline et la rigueur, puisqu’il n’en a jamais vraiment eu besoin, leur cerveau s’habitue à cette indolence, et paralyse l’action consciente. Dans le rythme qu’impose la prépa, cette habitude (puisque, soyons précis, c’est de cela qu’il s’agit) a très vite fait d’être dévastatrice.

Se défaire de cette habitude, et en prendre de nouvelles, est donc un pas salutaire à faire. Nos suggestions :

1. Apprenez à reconnaître lorsque vous procrastinez, et à comprendre pourquoi vous le faîtes. On peut distinguer deux origines à la procrastination : la procrastination « pourquoi », et la procrastination « comment ». Vous ne trouvez pas d’intérêt à faire cette fiche de lecture, et cela fait déjà deux heures que vous auriez déjà dû la terminer : pourquoi ? Vous repoussez les révisions du contrôle d’Histoire-géo qui portera sur les 3 derniers mois : comment ? Dans le premier cas, c’est une décision dont vous avez besoin : l’expédier ou ne pas la faire. Dans le second, c’est un plan d’attaque qu’il vous faut, avant de vous lancer dans une bataille si longue. Comprenez, lorsque vous repoussez du travail, de quel type de tâche vous vous cachez réellement, et commencez par exécuter cette tâche (décision, ou plan d’attaque). Enclencher un effort casse le cercle vicieux.

2. Prenez le contrôle conscient de votre temps. Chaque soir, sachez exactement, heure par heure, ce que vous ferez le lendemain jusqu’à l’heure de votre coucher. Prenez l’habitude d’établir vos MIT (Most Important Tasks, comme décrites dans JVVAIH, Chapitre I.2), et sachez maîtriser vos cycles de sommeil (JVVAIH, Chapitre II.2), en adoptant un rythme régulier. Lorsque vous travaillez dans la journée, limitez au maximum les entorses que vous faîtes à votre règlement, ainsi que toute forme d’interruption que vous ne contrôlez pas : téléphone, mail en fonction push, etc. Cadencez votre alternance travail / pause de la manière la plus régulière possible, voire en la chronométrant (par exemple, utilisez la technique Pomodoro avec un timer comme http://e.ggtimer.com/). L’habitude de ne pas procrastiner se prend en étant maître de chaque minute de votre temps.

Prépa Ingénieurs : Sortie de Je Vais Vous Apprendre à Intégrer l’X

Prépa Ingénieurs : Sortie de Je Vais Vous Apprendre à Intégrer l’X

Annonce qui ne concerne, en cette veille de rentrée, qu’une petite partie d’entre vous, mais qui pour ceux-là était probablement attendue depuis longtemps !

Face à la demande réitérée chaque année de certains des lecteurs d’integrerhec.fr en Prépa Ingénieur, Pierre Chapon, diplômé de l’Ecole Polytechnique et ex-préparationnaire et khôlleur à Sainte-Geneviève (Versailles), s’est attelé à la réalisation d’un guide de productivité à l’usage des élèves en prépa scientifique (MP/MPSI, PC/PCSI, PSI) sur le même modèle que Je Vais Vous Apprendre à Intégrer HEC.

A l’intérieur, l’auteur y décrit méthodes et astuces pour gagner du temps en travaillant plus efficacement, ainsi qu’un grand nombre de savoir-faire clés, qui résultent de sa propre expérience d’élève de bon niveau d’un lycée de province (Nantes) cherchant les méthodes les plus efficaces pour s’adapter à une charge de travail inédite requise par une prépa prestigieuse, mais aussi de plusieurs mois d’entretiens avec des camarades intégrés, correcteurs et kholleurs. Certaines parties du livre adaptent les grandes lignes des méthodes exposées dans JVVAIH (organisation, sommeil, mémorisation), quand d’autres, en particulier l’ensemble des méthodes déclinées par matière, sont entièrement nouvelles. Le tout forme un ensemble cohérent, dense et précis de tout ce qu’il y’a à savoir pour réussir sa prépa scientifique.

Le livre sort aujourd’hui, et il est pour l’ensemble du mois de Septembre à un prix découverte de 23€. Pour l’occasion, le site pendant d’integrerhec.fr a été réalisé, où les intéressés découvriront extraits, commentaires et informations en avant-première : integrerlx.fr

Les premières reviews des pré-lecteurs du livre étant très positives, nous sommes très fiers, chez integrerhec.fr, que le concept soit étendu à d’autres filières avec maestria !

6 800 candidats, et moi, et moi, et moi

6 800 candidats, et moi, et moi, et moi

Une bonne idée, avant de commencer votre année en prépa, peut être de prendre un peu de recul afin de bien vous rendre compte d’où vous mettez les pieds.

Avez-vous une idée des ordres de grandeur suivants ?

  • – Combien de candidats passent les écoles chaque année ? Combien sont admissibles, combien sont pris ?
  • – Quels sont les barres d’admissibilité, chaque année, et comment évoluent-elles ?
  • – Au delà des Parisiennes, quel est le réel classement des écoles entres elles, et comment fluctue cette dynamique sur 15 ans ?

On ne pense que peu à tout ça, la tête dans le guidon, durant la prépa. Pourtant, exactement savoir de quoi est fait cette matrice dans laquelle vous entrez, et ce qui vous attendra à la sortie sera un facteur de motivation important. Vous garderez les pieds sur terre en constatant que ces nombres ne sont pas aussi gargantuesques qu’ils en ont l’air quand on n’en a pas connaissance.

Un site extrêmement bien fait en la matière est bloom6.free.fr, qui recense, depuis une dizaine d’années, l’ensemble des statistiques des concours fournies par Sigem, et le présente sous une forme élégante et décortiquée pour vous.

Tenez-le vous pour dit !

Cinq commandements pour prendre le bon départ en prépa HEC

Cinq commandements pour prendre le bon départ en prépa HEC

Nous espérons que vos vacances, qui touchent maintenant à leur fin, ont été l’occasion pour vous de bien vous reposer.

Vous vous apprêtez à affronter une année pleine de défis, et êtes à présent en droit de commencer à vous demander comment prendre de l’avance sur la rentrée, et l’amoncellement de tâches qui vous attendent. Les éléments que vous trouverez ci-dessous font partie des bonnes habitudes à prendre dès le début de l’année, de façon à partir du bon pied. Répétez donc après nous…

Moïse présentant les tables de la loi
Moïse présentant les tables de la loi

✓ Je lirai les rapports de jury 2010, 2011 et 2012 de chaque matière que je passerai aux concours. Je prendrai des notes sur ce que les correcteurs aiment voir et détestent voir dans les copies, et je tâcherai de l’inclure / le bannir dans l’ensemble de mes futures productions.

✓ Je testerai et connaîtrai parfaitement mes préférences en termes de conditions de travail : efficacité différenciée matin/après-midi/soir, musique/silence/boules quiès, cahier/feuilles volantes, jusqu’aux plus petit détails : lumière, inclinaison du support, type de stylo, etc. Je profiterai des toutes premières semaines pour tout arranger de ce côté-ci, ce qui me fera gagner un temps incommensurable par la suite.

✓ Je m’assurerai chaque jour de faire trois tâches qui m’avancent dans la perspective des concours, indépendamment de mes devoirs maison ou khôlles. Je noterai chaque soir, avant de m’endormir, les trois tâches prévues pour le lendemain, afin de pouvoir tourner sereinement la page de la journée écoulée.

✓ Je ne passerai pas de temps sur un quelconque exercice avant d’avoir répondu aux deux questions suivantes : que veux-je en retirer pour les concours ? et comment vais-je le retenir précisément ? Si je n’ai pas de réponse précise à ces deux questions, il y’a fort à parier que je ne sois pas en train de travailler, mais simplement d’occuper mon esprit.

✓ Je mettrai à profit mes deux premières semaines, généralement moins tendues, à apprendre une technique solide de mémorisation, et à m’entraîner à lire plus vite. Ici aussi, le temps investi sera repayé au centuple durant l’année.

Bonne chance !

Les métiers après l’école de commerce : la salle de marchés

Les métiers après l’école de commerce : la salle de marchés

Notre série se poursuit avec un témoignage de Louis, qui commence sa carrière dans la finance de marché. Eh oui, après vos études, vous pourrez travailler en marketing et vendre des et des , mais vous pourrez aussi travailler en finance ! Attention par avance : la description emploie beaucoup de termes relativement techniques, dont il s’efforce d’expliquer la majorité. Un petit tour par Google pour les autres fera l’affaire si vous ressentez un intérêt d’en savoir plus !

La salle des marchés est au sein d’une banque l’endroit ou sont conduites toutes les activités de la banque de financement et d’investissement (BFI) liées au marché : achat et vente d’actions, d’obligations et de produits dérivés, pour le compte de clients ou le compte de la banque.

Les grandes BFIs mondiales sont les suivantes :

Les américaines JP Morgan, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Bank of America, Merril Lynch,les Européennes Deutsche Bank, UBS, Crédit Suisse, Barclays, HSBC, et les françaises BNP Paribas et Société Générale.

Généralement on distingue les activités Equities (tout ce qui a trait aux actions) des activités Fixed Income Currencies & Commodities (Obligations, Foreign Exchange etc)

La salle de marchés est ensuite divisée en desks spécialisés par produits.

– en fonction de la maturité des produits (la durée de vie) : par exemple taux longs vs taux cours

– en fonction de l’exposition géographique (marchés émergents vs Europe)

– en fonction de la complexité : (produits « exotiques », c’est-à-dire complexes, vs produits « vanille », c’est-à-dire simples)

– Les desks de « sales » sont aussi répartis selon leur couverture clients : certains sales couvrent les hedge funds, d’autres les clients institutionnels (Banques d’investissements et assureurs), d’autres les banques privées etc..

Ces organisations sont fonction du tropisme de la banque :

Des banques regroupent leurs desks cash et dérivés pour mettre en commun les connaissances du trading, d’autres, comme UBS ou Deutsche Bank par exemple, mettant l’accent sur la relation avec la clientèle, organisent leur salle des marchés à partir des desks de ventes.

Une foultitude de métiers différents sont représenté dans la salles de marchés. Les deux plus importants sont les Sales (« Commerciaux ») et les Traders (« Operateurs de Marché »). Autour d’eux gravitent des informaticiens, des secrétaires, des avocats, les département du risque, le « back office » et le « middle office ».

Mais revenons aux métiers de sales et de trader qui forment le cœur du Front Office.

§ Les vendeurs assurent la relation avec les clients de la banque. Ils proposent les produits, parfois avec l’aide des services de marketing, négocient les prix de transactions, négocient les accords légaux avec les clients, et font de la prospection pour trouver de nouveaux debouchés.

§ Lorsque le vendeur exécute une transaction, la marge entre le prix de vente et le prix de couverture donné par le trader lui est crédité sous le nom de « Sales Credit ». Le Sales Credit réalisé sur un année represente donc la performance du commercial et sert de base pour le calcul de sa rémunération.

§ Les traders assurent la couverture du risque. A l’interieur d’un desk chaque trader est responsable d’un « book », par exemple a l’interieur du desk « Cash Equities « (achat et vente d’actions) de la banque , un trader peut gérér le book des société automobiles (Renault, Volkswagen, Fiat etc..)

§ Lorsque le vendeur exécute une transaction, le trader doit s’assurer que le risque pour la banque est minimisé. Il peut chercher une autre conterpartie au trade, ou couvrir de manière approximée le produit en achetant ou vendant d’autres instruments. Enfin il cherche en permanence à optimiser son portefeuille. La difference entre la valeur de son book entre hier et aujourdhui constitue son Profit and Loss (PnL) journalier. La somme des PnL journaliers, à l’instar du Sales Credit pour le sales est la mesure de la performance d’un trader.

§ Les desks exotiques ont parfois également une équipe de structureurs, intermediaire entre les sales et les traders qui développent et déterminent le prix des produits complexes.

Selon chaque desk ces métiers recouvrent une réalité très différente. Quel que soit son profil un étudiant d’école de commerce peut trouver un desk qui lui correspond. Rien de comparable entre les desks de flow/vanille et les desk exotiques, rien de comparable entre le crédit et le Foreign Exchange. Certains ont une fréquence de deals élevés ou alors sont algorithmisés (le sales est de plus en plus un consultant qui accompagne les clients dans l’utilisation des algorithmes). D’autres travaillent sur des deals qui peuvent prendre plusieurs semaines à se concrétiser.

Les élèves de commerce suivent la voie royale pour devenir sales ou vendeur. C’est un métier qui demande du bagout, de l’attention aux détails et des bonnes aptitudes numériques / capacités de synthèses et d’abstraction. Parmi les autres métiers accessibles aux diplômés d’école de commerce : le middle office où s’effectue le suivi et le contrôle de la vie des produits financiers, la structuration, le risk management ou le marketing.

Les salaires sont particulièrement attractifs dans ces métiers même si la pression des régulateurs de l’opinion publique et la mauvaise santé financière des banques ont considérablement réduit les perspectives pour les futurs golden boys. La compensation globale commence à 40 000 Euros par an en sortant d’école et peut monter rapidement jusqu’à 250 000 Euros par an dans les cinq ans qui suivent. En revanche la sécurité de l’emploi n’est pas assurée…

Louis H (HEC 2011) – Derivatives Structuring

Pour en savoir plus sur la finance de marchés :  http://www.amazon.fr/Le-commerce-promesses-finance-moderne/dp/2757815784/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1340289902&sr=8-1Le commerce des promesses, Pierre-Noël Giraud

Les métiers après l’école de commerce : commercial

Les métiers après l’école de commerce : commercial

La série des métiers après les écoles de commerce se poursuit, avec une description de Luc, qui fut pendant un temps commercial pour le site d’achat en ligne Amazon.

Il s’agit de… vendre. Le boulot du commercial consiste à s’assurer de l’achat par ses clients de la plus grande quantité possible, dans les meilleures conditions possibles, des produits vendus par l’entreprise. Le commercial est donc en contact avec tous les clients potentiellement intéressés par ces produits et va faire en sorte de leur en vendre le plus possible, au meilleur prix possible.
Il y a plusieurs configurations possibles : lorsqu’il arrive dans l’entreprise, on peut donner au commercial un portefeuille de clients anciens et potentiellement récurrents auquel il doit vendre, ou il peut avoir à se constituer une base de clients à partir de rien et doit pour cela prospecter. Dans les faits, il s’agit souvent d’un mélange des deux. Par la suite, les commerciaux sont souvent responsables de la relation clients et assurent le service après-vente, au moins dans sa partie relationnelle (il est un point de contact à propos des produits qu’il a vendus).
Entretenir une bonne relation avec ses clients, potentiels ou établis, est donc essentiel. Le commercial doit donc avoir un excellent sens relationnel et entretenir les liens qu’il tisse avec ses clients. Pour cette raison, il est souvent mobile et se déplace chez les clients. Il doit également très bien connaître son catalogue afin d’être en mesure de parfaitement répondre aux besoins du client. Il y a plusieurs approches de ce métier : être un loup qui vend tout ce qu’il peut même si cela ne servira pas le client, jusqu’à, extrême inverse, lui conseiller de ne pas acheter ou d’acheter ailleurs pour conserver la qualité des liens établis avec lui, qui permettront de vendre plus tard et de manière récurrente. Quoi qu’il en soit, le commercial devra être un très bon négociateur et se perfectionnera à son poste à toutes les techniques de vente.
La rémunération des commerciaux est très souvent largement variable et indexée sur la performance ; c’est donc un métier dans lequel il souvent possible de gagner pas mal d’argent, à la force du poignet. C’est généralement un métier de début de carrière car assez fatigant (il faut toujours être sur la brèche) mais unanimement considéré comme extrêmement formateur. Les évolutions possibles se font de manière transversale, à un autre poste dans l’entreprise (par exemple aux achats, où la capacité de négociation est également importante) ou à la relation clients (où le sens des relations est déterminant), ou dans le même genre de poste mais dans le management (d’équipes de plusieurs commerciaux).
J’ai été pour ma part pendant quinze mois commercial chez Amazon.fr où je vendais à des e-commerçants une adhésion à la place de marché d’Amazon, c’est-à-dire la possibilité de mettre en vente leurs produits sur Amazon et ainsi toucher la base de clients du site, probablement plus large que la leur. Amazon se rémunère ainsi en prenant une commission sur les ventes réalisées. Dans un deuxième temps, nous vendions également des solutions logistiques à nos clients. J’étais commercial sédentaire, c’est-à-dire que je n’allais pas chez le client mais traitais toutes mes affaires au téléphone et par mail, ce qui est rare et représente un avantage (on ne passe pas des heures en voiture) mais également un inconvénient (on perd le contact direct qu’aiment beaucoup certains).
Le métier consistait en trois parties : identifier les prospects, c’est-à-dire de nouveaux clients potentiels, puis la vente à proprement parler, au téléphone, et dans un troisième temps le fait d’accompagner les nouveaux marchands pour qu’ils se lancent sur la plate-forme et vendent le plus possible. J’avais pour objectifs la signature d’un certain nombre de deals puis de m’assurer que ces marchands nouvellement lancés vendaient autant que possible.
Ce fut assez excitant dans un premier temps : faire un deal est un peu comme le jeu du chat et de la souris et réussir est à la fois amusant et gratifiant. Cela devient plus rébarbatif sur le long terme car c’est souvent le même manège mais l’excitation de ferrer un gros poisson et de faire des gros deals vient alors compenser la lassitude.
J’ai quitté ce job lorsque j’ai commencé à m’embêter et en avais fait le tour.
D’un point de vue purement CV, faire un boulot de commercial sera toujours très bien vu : cela est considéré comme une expérience de terrain, une preuve d’humilité, et éprouve la précision de votre connaissance du produit et de la boîte pour laquelle vous travaillez. Ces expériences se revendent très bien, à condition de ne pas y passer vingt ans. J’ajoute qu’il est effectivement assez logique de commencer par la vente, point clé de toute entreprise (pas de vente : pas de chiffre d’affaires et pas d’entreprise), ce d’autant qu’énormément de monde sort d’école de commerce et commence à travailler dans des sphères relativement éloignées du terrain sans jamais rien avoir vendu à qui que ce soit (sans avoir la moindre idée quant à la manière de s’y prendre). Par ailleurs et comme je l’ai déjà mentionné, on a en général relativement rapidement fait le tour de la question : il faut s’assurer en commençant qu’il est possible d’évoluer, d’une manière ou d’une autre car c’est un métier facilement usant et répétitif.
Luc

Les métiers après l’école de commerce : consultant en stratégie

Les métiers après l’école de commerce : consultant en stratégie

Deuxième partie de notre série sur les métiers après l’école de commerce, et un deuxième Nicolas, HEC, 25 ans, celui-ci consultant en stratégie dans un grand cabinet de conseil parisien.

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Le métier de consultant en stratégie consiste à répondre à des questions précises avec rigueur, créativité et conviction. Concrètement, les clients font appels à des consultants lorsqu’ils n’ont pas la réponse à une question complexe et déterminante pour eux (ex : « Comment augmenter ma marge ? », « Où investir ? », « Comment vendre mes produits à meilleur prix et aux bons clients ? », etc.). Dès lors, le rôle du consultant (et de son équipe) est d’apporter une réponse soutenue par des preuves factuelles et analytiques, tout en étant sûr d’avoir envisagé l’ensemble des pistes de solutions.

Les qualités demandées pour faire ce métier sont une capacité à décomposer des problèmes complexes, un goût prononcé pour l’analyse, un « business sense » – c’est-à-dire un bon sens économique, ainsi qu’une bonne communication. Peu de pré-requis sont demandés : il faut essentiellement convaincre de sa capacité à raisonner de manière structurée.

Dès lors, on y apprend beaucoup : confronté à des thèmes différents dans des secteurs tout aussi différents, le consultant développe sa rigueur, sa capacité d’analyse, son « business sense » et sa capacité à communiquer. Plus tard, devenu manager, il apprendra à gérer des équipes, répartir les tâches et répondre de manière précise aux demandes des clients. Encore plus tard, devenu associé, il apprendra également à vendre des missions.

Les rémunérations d’entrée oscillent entre 35 et 50 k€ par an, selon la réputation du cabinet et son positionnement.
Les horaires du consultant sont soutenus, mais pas fixes. Selon les missions, cela peut varier en intensité. Ici encore, « le client est roi » !

Les grands noms du secteurs, à Paris, sont : McKinsey & Company, BCG, Bain & Company, RolandBerger, Oliver Wyman, OC&C Strategy Consultants, etc.

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Un très grand merci à Nicolas, pour le temps qu’il a pris à décrire son métier, très courant en sortie de grande école, et pourtant méconnu de la plupart des candidats. Suivant dans notre série, le métier de commercial.

Les métiers après l’école de commerce : management et développement de projets

Les métiers après l’école de commerce : management et développement de projets

En cette période de révision de vos oraux, et particulièrement des entretiens de personnalité, exercice nouveau pour la plupart d’entre vous, le blog d’integrerhec s’arrête sur les profils d’élèves fraichement diplômés des grandes écoles de commerce. Nous leur avons demandé de décrire leur parcours, leurs journées types, leurs ambitions. L’objectif est de vous aider à mieux répondre à la question : qu’est-ce qu’on fait après une école de commerce ? Tout ce que vous pourrez capter sur ce que recouvre les mots de management, de développement de projets, de

Premier de cette mini-série, Nicolas, 25 ans, HEC 2010, responsable du développement et de la coordination du département « voyages culturels en groupes » et du département « voyages de golf en France » chez un tour opérateur français, une PME.

Sans plus attendre…

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Après HEC, j’avais quatre objectifs pour mon début de carrière :
1) Travailler dans un secteur qui me plaisait avec un rapport important et direct au produit
2) Etre rapidement dans une situation managériale, piloter une équipe
3) Acquérir des connaissances, des compétences, et une sensibilité particulière dans un secteur d’activité pour y créer une entreprise à horizon 3 à 5 ans.
4) Avoir une expérience « entrepreneuriale »

C’est donc en suivant ces objectifs que j’ai intégré (après 3 semaines de recherche d’emploi, via le réseau des anciens HEC, en octobre 2010) une PME dans le secteur du tourisme, un tour opérateur ciblant la clientèle haut de gamme opérant sur des niches, comme les voyages à thématique « golf ».

Ma première mission, pour laquelle j’ai été recruté, a été de créer et développer le département « voyages à thématique golf & gastronomie en France pour les étrangers ».

Mon entreprise avait déjà avant mon arrivée une expertise forte sur la niche des voyages à thématique « golf » pour les golfeurs français partant en vacances à l’étranger, ma tâche consistait donc dans le développement de l’activité inverse, à savoir créer et commercialiser des packages « golf & gastronomie » en France pour les golfeurs étrangers, et parmi eux, j’avais la consigne de cibler en priorité les américains.

Pendant un an et demi, mon travail a donc consisté à monter et développer cette activité de toute pièce, puisqu’elle n’existait pas avant mon arrivée.

J’ai donc constitué fait une étude de marché, de concurrence, établi les produits, et mis sur pied la politique marketing (quel produit vendre, à qui le vendre, à quel prix, selon quels canaux de distribution). Une fois la première phase achevée, le gros de mon travail a été « commercial », puisqu’il s’agissait de vendre les produits aux cibles que j’avais identifiées.

J’ai donc effectué une tournée de démarchage aux Etats-Unis pour présenter mes produits à des potentiels clients, B to B essentiellement (des agences de voyages et des tour opérateurs locaux).
Parallèlement, je me suis occupé du suivi « technique » des voyages que j’avais réussi à vendre (concrètement : affiner sur mesure le circuit avec les clients, réserver les prestations une à une, le guide, etc…), et j’ai piloté tout le déroulé du séjour lorsque j’avais des clients sur place, ce qui n’est pas anodin, pour que toutes les prestations s’effectuent au bon moment, sans problème, que le bus arrive à l’heure… etc, le tout en garantissant un service irréprochable au client.

Après un an et demi de travail de développement de cette activité, la route est encore très longue pour qu’elle soit viable, la stratégie de cibler le marché US n’a vraisemblablement pas été la bonne… Je vais donc redéfinir la stratégie commerciale, mais le risque n’est pas non plus négligeable que l’on décide de fermer l’activité si elle n’est décidément pas profitable.

Le bilan que je tire de cette expérience est vraiment très positif pour moi, même si les résultats n’ont pas été à la hauteur de mes espérances. J’ai touché réellement du doigt ce que signifiait créer un business et le développer de zéro.

Les qualités indispensables pour s’épanouir dans cette activité sont la détermination, le sens « commercial » (être entrepreneur ou intrapreneur c’est avant tout réussir à vendre son projet), la polyvalence, le dynamisme. Surtout, il faut être prêt à partir vraiment de zéro, et donc, réaliser parfois des tâches ingrates : passer des heures à faire du phoning, créer tous ses documents de communication, être prêt à être livré à soi-même, et donc se former sur le terrain. En effet, dans toute création d’activité, la phase stratégique de définition de l’offre, du business model, du mix marketing est importante, mais le gros du travail est avant tout de vendre son produit… Il faut donc aimer sans aucun doute plus « l’action », même si évidemment, la réflexion accompagne chaque action, mais il ne faut clairement pas s’attendre à un travail scolaire, d’études, d’analyses… Bien souvent, quand on réalise un business plan d’activité naissante, on ne dispose pas des données pour réaliser une étude exhaustive, et il convient donc d’aller se frotter au réel, au marché pour sentir si son produit a du sens ou non.

Niveau rémunérations, choisir une PME implique en général qu’on fasse quelques concessions sur son salaire, surtout si l’on se compare aux camarades de promo consultants. Mais cela reste raisonnable, tout dépend de ce que l’on recherche, et de ce que l’on est prêt à accepter.

Les horaires, eux, sont très clairement plus agréables que dans les grandes entreprises, pas nécessairement parce qu’on travaille moins, au contraire parfois, mais surtout parce que tout est plus flexible, et donc il m’arrive souvent de décaler mes horaires. Pendant la période qui a précédé ma tournée aux USA, j’arrivais au bureau à 11h30 et en repartais vers 22h30… Même aujourd’hui encore, si j’ai besoin de m’absenter une bonne partie de l’après midi, je n’ai aucun problème à le faire, du moment que le travail est fait. Sans généraliser, mais en général, les choses ne sont pas aussi flexibles dans les grandes entreprises.


Récemment, le directeur mon entreprise m’a proposé de m’occuper, en plus du développement de mon département « golf en France », du développement du département « voyages culturels en groupes », un des pôles majeurs de l’entreprise. L’objectif est de doubler le volume d’activité du service dans les trois prochaines années, en améliorant les marges et en renforçant significativement notre force sur les achats.
Contrairement à mon travail « solitaire » dans ma première mission, j’ai ici à coordonner et orienter une équipe de 10 personnes, aussi bien dans la stratégie commerciale, que dans l’optimisation des process de travail quotidiens. C’est donc une expérience très « terrain », très concrète, dans laquelle les rapports humains sont la composante majeure.

Ce qui me plait dans mon travail aujourd’hui est la variété des tâches que j’ai à accomplir. Jamais une journée ne ressemble à une autre, je suis totalement polyvalent. Par ailleurs, le rapport humain est très fort, et est un point central pour moi. Enfin, le contact direct avec le produit (le voyage) est vraiment extrêmement agréable pour moi.

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Un très grand merci à Nicolas, qui a eu la gentillesse de partager ses impressions sur cette période post-études, qui reste souvent mystérieuse pour le candidat aux oraux. Très prochainement, le parcours d’un autre Nicolas, qui lui est devenu consultant en stratégie…