Les métiers après l’école de commerce : management et développement de projets

Les métiers après l’école de commerce : management et développement de projets



En cette période de révision de vos oraux, et particulièrement des entretiens de personnalité, exercice nouveau pour la plupart d’entre vous, le blog d’integrerhec s’arrête sur les profils d’élèves fraichement diplômés des grandes écoles de commerce. Nous leur avons demandé de décrire leur parcours, leurs journées types, leurs ambitions. L’objectif est de vous aider à mieux répondre à la question : qu’est-ce qu’on fait après une école de commerce ? Tout ce que vous pourrez capter sur ce que recouvre les mots de management, de développement de projets, de

Premier de cette mini-série, Nicolas, 25 ans, HEC 2010, responsable du développement et de la coordination du département « voyages culturels en groupes » et du département « voyages de golf en France » chez un tour opérateur français, une PME.

Sans plus attendre…

***
Après HEC, j’avais quatre objectifs pour mon début de carrière :
1) Travailler dans un secteur qui me plaisait avec un rapport important et direct au produit
2) Etre rapidement dans une situation managériale, piloter une équipe
3) Acquérir des connaissances, des compétences, et une sensibilité particulière dans un secteur d’activité pour y créer une entreprise à horizon 3 à 5 ans.
4) Avoir une expérience « entrepreneuriale »

C’est donc en suivant ces objectifs que j’ai intégré (après 3 semaines de recherche d’emploi, via le réseau des anciens HEC, en octobre 2010) une PME dans le secteur du tourisme, un tour opérateur ciblant la clientèle haut de gamme opérant sur des niches, comme les voyages à thématique « golf ».

Ma première mission, pour laquelle j’ai été recruté, a été de créer et développer le département « voyages à thématique golf & gastronomie en France pour les étrangers ».

Mon entreprise avait déjà avant mon arrivée une expertise forte sur la niche des voyages à thématique « golf » pour les golfeurs français partant en vacances à l’étranger, ma tâche consistait donc dans le développement de l’activité inverse, à savoir créer et commercialiser des packages « golf & gastronomie » en France pour les golfeurs étrangers, et parmi eux, j’avais la consigne de cibler en priorité les américains.

Pendant un an et demi, mon travail a donc consisté à monter et développer cette activité de toute pièce, puisqu’elle n’existait pas avant mon arrivée.

J’ai donc constitué fait une étude de marché, de concurrence, établi les produits, et mis sur pied la politique marketing (quel produit vendre, à qui le vendre, à quel prix, selon quels canaux de distribution). Une fois la première phase achevée, le gros de mon travail a été « commercial », puisqu’il s’agissait de vendre les produits aux cibles que j’avais identifiées.

J’ai donc effectué une tournée de démarchage aux Etats-Unis pour présenter mes produits à des potentiels clients, B to B essentiellement (des agences de voyages et des tour opérateurs locaux).
Parallèlement, je me suis occupé du suivi « technique » des voyages que j’avais réussi à vendre (concrètement : affiner sur mesure le circuit avec les clients, réserver les prestations une à une, le guide, etc…), et j’ai piloté tout le déroulé du séjour lorsque j’avais des clients sur place, ce qui n’est pas anodin, pour que toutes les prestations s’effectuent au bon moment, sans problème, que le bus arrive à l’heure… etc, le tout en garantissant un service irréprochable au client.

Après un an et demi de travail de développement de cette activité, la route est encore très longue pour qu’elle soit viable, la stratégie de cibler le marché US n’a vraisemblablement pas été la bonne… Je vais donc redéfinir la stratégie commerciale, mais le risque n’est pas non plus négligeable que l’on décide de fermer l’activité si elle n’est décidément pas profitable.

Le bilan que je tire de cette expérience est vraiment très positif pour moi, même si les résultats n’ont pas été à la hauteur de mes espérances. J’ai touché réellement du doigt ce que signifiait créer un business et le développer de zéro.

Les qualités indispensables pour s’épanouir dans cette activité sont la détermination, le sens « commercial » (être entrepreneur ou intrapreneur c’est avant tout réussir à vendre son projet), la polyvalence, le dynamisme. Surtout, il faut être prêt à partir vraiment de zéro, et donc, réaliser parfois des tâches ingrates : passer des heures à faire du phoning, créer tous ses documents de communication, être prêt à être livré à soi-même, et donc se former sur le terrain. En effet, dans toute création d’activité, la phase stratégique de définition de l’offre, du business model, du mix marketing est importante, mais le gros du travail est avant tout de vendre son produit… Il faut donc aimer sans aucun doute plus « l’action », même si évidemment, la réflexion accompagne chaque action, mais il ne faut clairement pas s’attendre à un travail scolaire, d’études, d’analyses… Bien souvent, quand on réalise un business plan d’activité naissante, on ne dispose pas des données pour réaliser une étude exhaustive, et il convient donc d’aller se frotter au réel, au marché pour sentir si son produit a du sens ou non.

Niveau rémunérations, choisir une PME implique en général qu’on fasse quelques concessions sur son salaire, surtout si l’on se compare aux camarades de promo consultants. Mais cela reste raisonnable, tout dépend de ce que l’on recherche, et de ce que l’on est prêt à accepter.

Les horaires, eux, sont très clairement plus agréables que dans les grandes entreprises, pas nécessairement parce qu’on travaille moins, au contraire parfois, mais surtout parce que tout est plus flexible, et donc il m’arrive souvent de décaler mes horaires. Pendant la période qui a précédé ma tournée aux USA, j’arrivais au bureau à 11h30 et en repartais vers 22h30… Même aujourd’hui encore, si j’ai besoin de m’absenter une bonne partie de l’après midi, je n’ai aucun problème à le faire, du moment que le travail est fait. Sans généraliser, mais en général, les choses ne sont pas aussi flexibles dans les grandes entreprises.


Récemment, le directeur mon entreprise m’a proposé de m’occuper, en plus du développement de mon département « golf en France », du développement du département « voyages culturels en groupes », un des pôles majeurs de l’entreprise. L’objectif est de doubler le volume d’activité du service dans les trois prochaines années, en améliorant les marges et en renforçant significativement notre force sur les achats.
Contrairement à mon travail « solitaire » dans ma première mission, j’ai ici à coordonner et orienter une équipe de 10 personnes, aussi bien dans la stratégie commerciale, que dans l’optimisation des process de travail quotidiens. C’est donc une expérience très « terrain », très concrète, dans laquelle les rapports humains sont la composante majeure.

Ce qui me plait dans mon travail aujourd’hui est la variété des tâches que j’ai à accomplir. Jamais une journée ne ressemble à une autre, je suis totalement polyvalent. Par ailleurs, le rapport humain est très fort, et est un point central pour moi. Enfin, le contact direct avec le produit (le voyage) est vraiment extrêmement agréable pour moi.

***

Un très grand merci à Nicolas, qui a eu la gentillesse de partager ses impressions sur cette période post-études, qui reste souvent mystérieuse pour le candidat aux oraux. Très prochainement, le parcours d’un autre Nicolas, qui lui est devenu consultant en stratégie…


Pour ne jamais manquer un article du blog :
!

***

Retrouvez une méthode clé-en-main pour réussir les écrits en prépa HEC dans le guide Je Vais Vous Apprendre à Intégrer HEC.

Tout sur la préparation de l'oral dans 15 écoles de commerce, depuis HEC, l'ESSEC et l'ESCP jusqu'à SKEMA et France Business School, dans Prépa HEC, d'Admissible à Intégré.

Comments are closed.