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Les Khôlles-Suicide

Les Khôlles-Suicide

Sujet léger pour aborder votre week-end et relancer le blog. Léger, mais authentique, et riche de quelques enseignements.

En fin de première année quelques amis, lassés de certains khôlleurs de Français visiblement décrédibilisés à leur yeux, avaient inventé le concept de khôlle-suicide. Le principe était simple : vous entrez en khôlle de français, saluez le professeur, et tirez le papier sur lequel est inscrit votre sujet. Vous sortez de la salle et, sans le découvrir, vous passez le papier immédiatement à vos camarades et comparses – le cas échéant, vos bourreaux.

Pendant « vos » 20 minutes de préparation, vous pouvez prendre l’air, car ce sont eux qui vont s’en donner à cœur joie sur votre brouillon, dans le seul souci de vous faire trébucher ; une seule contrainte : faire un plan qui se tient. Le reste, les dessins pour attirer l’œil du khôlleur, les photocopies évidentes d’articles de journaux collées, les trous – ou insultes – au milieu de citations par ailleurs cohérentes pour que le candidat commence à lire sans se douter du piège, c’est du bonus.

« Vas-y champion », lancent-ils une fois les vingt minutes écoulées, en vous donnant votre brouillon, et en vous tapant sur l’épaule alors que vous entrez dans l’arène. Vous prenez connaissance de votre sujet en même temps que le prof et mesurez l’ampleur de votre erreur d’avoir accepté de participer. Il n’y a plus de retour. It’s show time.

Hé bien, croyez-le ou non, certains ont pris leur meilleure note de l’année.

Que retirer de tout cela ?

  • Que vous pouvez toujours très bien vous en sortir avec une préparation minimale. Ce qui compte, ce que les examinateurs voient peu, ce sont des étudiants avec un discours cohérent, un plan simple, une volonté de convaincre sans rester dans ses papiers ni déborder sur le temps.
  • Que la préparation joue surtout sur votre confiance, et que la confiance, ça se feint. Tout peut arriver dans une khôlle : vous avez pu sécher, être dérangé, paniquer au moment de passer. Mais si vous gardez votre poker face, un zen dans votre exposition, et que vous avez le souci de rester clair, vous conservez une crédibilité importante vis-à-vis du correcteur. Ne soyez pas votre propre ennemi.
  • Que passer par un « point le plus bas » peut vous aider par la suite. Une fois que vous êtes sorti de là, que vous ayez pris un 13 ou un 3, plus aucune autre khôlle ne devient impressionnante. Vous avez déjà fait pire. Il y’a un certain zen dans le fait d’être passé par les extrêmes d’une situation, parce que cela met toute la suite en perspective. Une perspective saine, et même rassurante. La prochaine fois que ça vous arrive, prenez le pour ce que c’est : une expérience formatrice.
  • N’essayez pas ça chez vous ! Contentez-vous de prendre les leçons, c’est moins périlleux. Bon courage.