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Quand débute votre travail

Quand débute votre travail

L’article suivant vient en réponse à une question posée sur notre compte Twitter (@integrerhec) au sujet de la meilleure façon de gérer une mauvaise note dans l’optique des concours.

Après une khôlle, après la remise de la correction d’un DM, d’un devoir sur table, nous avons tous cette tentation de décompresser, en « commentant » notre notation et sa justice ou son injustice, en comparant nos résultats avec nos camarades, etc. puis en passant à la suite.

Einstein (qui, contrairement à ce que voudrait la légende, n'a jamais été "nul en maths au lycée")
Einstein (qui, contrairement à ce que voudrait la légende, n’a jamais été « nul en maths au lycée »)

C’est un excellent moment pour regarder sa prestation avec objectivité, et ceux qui passent à la suite ratent une excellente opportunité de progresser à peu de frais. Pour chaque résultat, posez-vous la question suivante : « si je pouvais remonter dans le temps, et donner trois conseils à l’élève (moi) qui entame cette épreuve, quels seraient ces conseils ? ». Listez trois conseils non-nominaux (pas question de donner la réponse à la question IV.b), et gardez-les précieusement dans vos fiches. En CSH, par exemple, cela pourrait donner : « être beaucoup plus rigoureux sur la définition des termes du sujet », « être très attentif à l’orthographe, en particulier celle des noms propres », et « écrire la conclusion avant de commencer à rédiger ».

Quels sont les avantages de cette approche ?

  1. Vous tirez le meilleur parti du temps passé sur votre cas, et votre cas uniquement, par un spécialiste de la matière en question
  2. C’est un réflexe que, contrairement à certains autres, peu de vos camarades adoptent, ce qui accentue votre avance
  3. Surtout, cela « tue dans l’oeuf » cette envie si répandue et si souvent pénalisante à long terme de dramatiser, en bien ou en mal, ses performances et ses résultats. Gardez le cap, et quelque soit le résultat, vous avancez.

Tout « résultat » que vous obtenez, la plupart du temps une note, est une opportunité personnalisée et sans conséquence de vous améliorer. C’est lorsque vous recevez un résultat que débute votre travail pour le prochain. La correction d’une mauvaise note n’est, en cela, qu’une indication que vous n’êtes pas encore sur le chemin, et un nombre plus important d’indications pour y parvenir.

Est-ce que cela veut dire que vous ne pouvez jamais vous reposer, ou célébrer ? Bien évidemment, non : après avoir tiré les leçons, après avoir fait vos plans pour corriger vos erreurs, est un excellent moment pour vous détendre, et vous plaindre à foison, si cela vous chante ; ce sera toujours en vain, mais au moins, tout ce sera pas perdu.

Les 1%

Les 1%

Quoi que vous fassiez, ils seront toujours là.

Les 1% sont les élèves qui arrivent prépa déjà plus qu’excellents dans une matière ou une série de matière, et que deux ans de prépa ne suffiront pas à faire tomber de leur piédestal. Vous le savez, ils le savent. C’est l’élève qui boucle son devoir de maths, annales ESSEC 2010, en trois heures et qui a 20/20. C’est le bilingue en allemand, qui discute en khôlle avec son interlocuteur comme si le fait qu’il est en train d’être évalué était de l’ordre de l’anecdotique. C’est l’apprenti économiste, qui lisait le Financial Times dès le berceau, qui s’est perdu en chemin en prépa HEC. C’est la personnalité qui passe naturellement très bien en entretien.

Source : Zirtual.com


Vous pourrez toujours travailler d’arrache-pied, mais aussi appliqué que vous serez, ces 1%, que le talent inné ou acquis a toujours maintenu à flot, garderont une longueur d’avance sur vous.

Les 1% partent certes avec beaucoup d’avantages mais aussi quelques inconvénients :
– En langues, à l’oral, les jurys répètent à qui veut l’entendre qu’il vaut mieux arriver préparé sur ses sujets de thème avec un accent imparfait mais sans faute, qu’excellent dans la langue mais léger sur le fond. Les bilingues désinvoltes y sont, années après années, sanctionnés (ce qu’on peut juger relativement injuste dans une épreuve de langue, mais… pas forcément besoin de savoir dire nettoyeur haute pression ou taille-haie pour réussir dans le commerce)
– Ils gèrent plus difficilement les fatales déconvenues qui jalonneront, quelques rares fois, leur parcours

Surtout, réalisez que ces 1% sont souvent excellents dans une matière, mais pas plus avancés que vous dans les autres, et qu’en revanche leur moyenne générale leur donne un sentiment de sécurité trompeur.

Qu’est ce que ça veut dire pour vous ?

Comme c’est maintes fois répété dans les livres (JVVAIH, chapitre I.3 ; PHDAAI, Partie I), la notation en prépa favorise davantage les élèves « bons partout » que les élèves au profil excellent / moyen.

  • Si vous faites partie des 1%, faites tous les efforts qu’il faut dans les autres matières pour compenser le risque, le jour du concours, d’une déconvenue dans votre matière forte.
  • Si vous n’en faites pas partie, dites-vous le tout de suite : il y’a de fortes chances que vous ne battiez jamais les 1% ; ce n’est pas eux avec lesquels vous êtes en compétition. Oublier toute rancoeur, toute excuse, ou tout découragement : Le meilleur endroit à viser, c’est la place juste en dessous : moins de risque, moins de pression, et potentiellement d’excellentes surprises.
  • Se faire des pense-bêtes

    Se faire des pense-bêtes

    Quand j’étais en prépa, je n’aimais pas trop faire des fiches mais je me suis rendu compte assez rapidement que ma prof d’allemand en sixième (Madame Pannetier, si vous m’entendez..) avait raison sur quelque chose (outre l’utilisation idoine du génitif) : la mémoire visuelle fait (souvent) des miracles. Il existe de nombreux tests permettant de déterminer si on a une mémoire visuelle ou auditive ou une combinaison des deux, et je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais voici quelque chose qui fonctionnait très bien pour moi.

    Je collais des «archi-fiches» (le résumé du résumé du résumé, par exemple des formules de maths, les espérances, variances et autres des différentes lois de probabilité…) sur le mur devant mon bureau et sur la porte de ma salle de bains de manière à les avoir sous les yeux dès que je baillerais aux corneilles. Et cela fonctionne très bien, c’était un moyen (pour moi en tout cas) d’imprimer visuellement certains éléments indispensables.

    Attention à ne pas transformer cela en mauvais réflexe, et à du coup lever la tête pour lire l’espérance de la loi de Poisson dès qu’on en a besoin dans un exercice au lieu de la chercher dans sa tête, et du coup faire l’opposé du but recherché, à savoir ne pas apprendre ce qu’il y a sur la fiche !

    Les Khôlles-Suicide

    Les Khôlles-Suicide

    Sujet léger pour aborder votre week-end et relancer le blog. Léger, mais authentique, et riche de quelques enseignements.

    En fin de première année quelques amis, lassés de certains khôlleurs de Français visiblement décrédibilisés à leur yeux, avaient inventé le concept de khôlle-suicide. Le principe était simple : vous entrez en khôlle de français, saluez le professeur, et tirez le papier sur lequel est inscrit votre sujet. Vous sortez de la salle et, sans le découvrir, vous passez le papier immédiatement à vos camarades et comparses – le cas échéant, vos bourreaux.

    Pendant « vos » 20 minutes de préparation, vous pouvez prendre l’air, car ce sont eux qui vont s’en donner à cœur joie sur votre brouillon, dans le seul souci de vous faire trébucher ; une seule contrainte : faire un plan qui se tient. Le reste, les dessins pour attirer l’œil du khôlleur, les photocopies évidentes d’articles de journaux collées, les trous – ou insultes – au milieu de citations par ailleurs cohérentes pour que le candidat commence à lire sans se douter du piège, c’est du bonus.

    « Vas-y champion », lancent-ils une fois les vingt minutes écoulées, en vous donnant votre brouillon, et en vous tapant sur l’épaule alors que vous entrez dans l’arène. Vous prenez connaissance de votre sujet en même temps que le prof et mesurez l’ampleur de votre erreur d’avoir accepté de participer. Il n’y a plus de retour. It’s show time.

    Hé bien, croyez-le ou non, certains ont pris leur meilleure note de l’année.

    Que retirer de tout cela ?

  • Que vous pouvez toujours très bien vous en sortir avec une préparation minimale. Ce qui compte, ce que les examinateurs voient peu, ce sont des étudiants avec un discours cohérent, un plan simple, une volonté de convaincre sans rester dans ses papiers ni déborder sur le temps.
  • Que la préparation joue surtout sur votre confiance, et que la confiance, ça se feint. Tout peut arriver dans une khôlle : vous avez pu sécher, être dérangé, paniquer au moment de passer. Mais si vous gardez votre poker face, un zen dans votre exposition, et que vous avez le souci de rester clair, vous conservez une crédibilité importante vis-à-vis du correcteur. Ne soyez pas votre propre ennemi.
  • Que passer par un « point le plus bas » peut vous aider par la suite. Une fois que vous êtes sorti de là, que vous ayez pris un 13 ou un 3, plus aucune autre khôlle ne devient impressionnante. Vous avez déjà fait pire. Il y’a un certain zen dans le fait d’être passé par les extrêmes d’une situation, parce que cela met toute la suite en perspective. Une perspective saine, et même rassurante. La prochaine fois que ça vous arrive, prenez le pour ce que c’est : une expérience formatrice.
  • N’essayez pas ça chez vous ! Contentez-vous de prendre les leçons, c’est moins périlleux. Bon courage.